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La température de couleur (balance des blancs)

Qu'est ce que la température de couleur?

La température de couleur a été établie par lord Kelvin pour la petite histoire, son nom étant devenu l'unité de mesure que l'on connaît (0° kelvin correspond à -273° celcius, soit le zéro absolu). Il a déterminé cela en fonction des variations de couleur d'un corps noir chauffé à différentes températures, le moins chaud étant dans le rouge et le plus chaud dans le bleu (sur une échelle allant de 2000°K à 10 000°K pour la lumière visible).

Définition générale: "La température de couleur permet de déterminer la température (effective ou "virtuelle") d'une source de lumière à partir de sa couleur". (source: wikipédia)


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Balance des blancs dans un logiciel: on ne modifie pas, on compense...
 

Il est intéressant de noter que dans nos logiciels d'édition, l'outil permettant de régler la température de couleur (ou plus communément appelé balance des blancs) fonctionne sur un système de compensation. En effet, si on baisse les degrés Kelvin, on tire vers le bleu alors que si on les monte, on tire vers le jaune. Or, si on met cela en opposition avec la représentation ci-dessus, on se retrouve alors avec le sentiment d'une échelle inversée. C'est pour cela que le terme de "compensation" est important: en jouant avec le curseur, on explique en fait au logiciel que la température de couleur n'est pas celle définie par défaut mais qu'elle est en réalité plus ou moins élevée. Partant de ce principe, le logiciel va donc chercher à compenser une éventuelle dominante et soit faire tendre les couleurs actuelles vers le bleu, soit les faire tendre vers le jaune, ceci dans le simple but de retrouver au final une balance des blancs qui soit aussi neutre que possible.

 

Photobucket

 

S'il s'avère que la température de couleur originelle de notre photo ne correspond pas à ce que nous sommes entrain d'expliquer au logiciel et qu'elle était en réalité soit plus chaude (bleue selon notre échelle plus haut), soit plus froide (jaune, toujours selon notre échelle), le logiciel va alors être induit en erreur. Le principe de compensation se fondant dans ce cas sur de mauvaises informations, on verra apparaître une dominante qui sera plus ou moins visible sur la photo. Cette dominante sera plus ou moins prononcée selon que l'on s'éloigne ou que l'on se rapproche de la température de couleur réelle de la dite photo. Sa couleur dépendra quant à elle du fait que nous ayons ajouté soit trop de bleu, soit trop de jaune par rapport à ce qui serait normalement nécessaire pour retrouver une balance des blancs neutre.


Pour finir, il est important de noter que le concept de couleurs chaudes et froides souvent évoqué en photographie (et pouvant porter à confusion avec ce que nous venons de voir) s'appuie quant à lui sur d'autres références que les degrés Kelvin. Nous y reviendrons un peu plus bas dans cet article.

 
 

Exemple concret de l'action du logiciel sur la balance des blancs:

Prenons la photo ci-dessous dont la température de couleur est établie par défaut à 5200°K, ce qui correspond à peu près à la lumière d'une journée ensoleillée. Nous avons donc ici une balance des blancs relativement neutre de part la source de lumière procurée par le soleil (en comparaison avec la lumière produite par une lampe de bureau à la maison par exemple).

(photo n°1)
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Expliquons maintenant à notre logiciel que notre reflex s'est trompé dans sa mesure et qu'en fait, la température de couleur de notre source de lumière était beaucoup plus élevée et correspondait plutôt à 8000°K (donc bleutée si on se réfère à notre échelle ci-dessus). Le logiciel va alors chercher à compenser en ajoutant du jaune et ce, dans l'unique but de retrouver une température de couleur qui soit neutre (ressemblant à celle de la photo n°1). Or, comme en réalité aucune source de lumière présente dans cette photo ne dépasse les 5200°K, notre balance des blancs va s'en retrouver faussée: le logiciel a ajouté du jaune là où en réalité ce n'était pas nécessaire.

(photo n°2)
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Maintenant, prenons la même photo de départ dont la température de couleur s'établit toujours à 5200°K. Expliquons à notre logiciel que le reflex s'est encore trompé mais que cette fois elle était en réalité de 2500°K (donc plus jaune si on se réfère à notre échelle ci-dessus). Le logiciel va à nouveau compenser en ajoutant du bleu, toujours afin d'essayer de retrouver une balance des blancs qui soit la plus neutre possible. Or, et comme dans l'exemple précédent, aucune source de lumière n'est dans la réalité en deçà des 5200°K, ce qui va à nouveau fausser la correction de notre balance des blancs: le logiciel aura ajouté du bleu alors que ce n'était pas nécessaire.

(photo n°3)
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Par contre, si mon reflex s'était effectivement trompé et que dans le cas de la photo n°2, la température de couleur réelle était bien de 8000°K, nous aurions retrouvé après correction une photo sans aucune dominante jaune et donc aussi neutre que la photo n°1.

Si à l'inverse on partait du postulat que décidément je dois changer de reflex et que cette fois la température de couleur était bien de 2500°K au moment de la prise de vue (photo n°3), nous aurions retrouvé après correction une photo sans aucune dominante bleue et aussi neutre que la photo n°1.

Conclusion, notre logiciel essaye bien de compenser en ajoutant du jaune ou du bleu dans le but de retrouver une température de couleur qui soit aussi neutre que possible. Si jamais une dominante est présente alors que nous réglons nous-même la température de couleur, c'est simplement parce que nous lui fournissons les mauvaises informations en lui expliquant que la source de lumière du moment était en fait plus chaude (bleu) ou plus froide (jaune) par rapport à ce qu'il en est dans la réalité.

C'est selon ce principe que l'on pourra compenser la balance des blancs d'une photo prise en intérieur et dont la source principale d'éclairage est une lampe quelconque: le reflex va respecter la dominante jaune issue de la source de lumière et nous, nous allons expliquer au logiciel que nous préférons une balance des blancs plus neutre en faisant en sorte qu'il ajoute du bleu. Quelque part, on triche pour donner l'illusion que notre source de lumière s'approcherait finalement du rendu de la lumière du soleil et non de l'éclairage jaune typique d'une lampe à incandescence.



Des références issues des standards de la peinture:

Intéressant de noter qu'en photographie nous avons tendance à adopter les principes établis pour la peinture, cette dernière exprimant le principe de notre échelle des degrés Kelvin de manière inversée (rouge=chaud et bleu=froid). C'est ce qui fait que l'on parlera d'une image chaude (rouge) ou froide (bleu), tout simplement parce que nous nous référons ici aux couleurs selon certains codes établis et non à la température des couleurs en elle-même. C'est donc ce principe qui peut apporter une certaine confusion entre l'échelle des degrés Kelvin et ce que nous avons l'habitude d'exprimer.



Température de couleur de nos écrans (point blanc):

Dans le cas de la caractérisation d'un écran (ou calibrage pour aller plus vite), il y a une partie où l'on est amené à caractériser le point blanc, lui donnant éventuellement une dominante soit plus chaude, soit plus froide. Or, on retrouvera ici notre fameuse échelle des degrés Kelvin, sans aucune démarche de compensation cette fois-ci.

Par exemple, dans le cas du modèle D65(1) (6500°K), on parle alors d'un blanc plus froid avec une légère teinte bleutée. Si par contre on veut utiliser le modèle D50 (5000°K) qui est plus proche de l'impression (car de la température restituée par du papier destiné à cette utilisation), on aura une légère dominante jaune et donc un rendu plus chaud. Au milieu, on aura un point blanc réglé à 5600°K environs (plus ou moins la valeur choisie dans le cas de mon propre écran) et qui correspond à un blanc neutre et donc sans dominante. Un réglage qui devra cependant aussi tenir compte de l'environnement lumineux dans lequel vous travaillez car ce dernier influencera en partie votre perception à l'écran.

Nous sommes bien donc dans une application stricte de l'échelle de lord Kelvin puisque nous cherchons à établir une valeur normative sensée nous restituer en tout temps une appréciation juste et la plus neutre possible de ce que nous voyons à l'écran. Cela évite notamment de travailler de manière faussée sur des dominantes inexistantes dans la réalité. Le but de la caractérisation du point blanc de votre écran est donc de se dire ensuite: "mon écran affiche mes photos dans une température de couleur relativement juste et relativement proche de ce que j'aurais à l'impression. Si j'ai une dominante, c'est du côté de la balance des blancs de la photo en elle-même qu'il faut que je cherche, afin de la corriger par compensation".




(1) le D signifie daylight. c'est un système pour représenter les différentes lumières du jour. On va s'y référer par exemple pour présenter la lumière que reproduit un type d'éclairage, un écran d'ordinateur, du papier ou un flash:

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